I-Che Guevara, un révolutionnaire qui a marqué l'histoire

3) Les voyages du révolutionnaire (pendant et après la révolution cubaine).

 Le 12 juin 1959, voulant établir des relations economiques et diplomatiques avec les pays non-alignés, il quite Cuba et voyage dans de nombreux pays comme en Egypte, en Palestine (où on le considère comme "le grand libératuer des opprimés"), en Inde, au Japon, et en Indonésie.

  En décembre 1964 Che Guevara voyage à New York comme chef de la délégation cubaine à l'ONU où il affirme à l'assemblée générale qu'il est contre la politique étrangère américaine. Après ce discours le 17 décembre, Che Guevara, son garde du corps José Argudin, deux fonctionnaires du gouvernement, Omar Fernandez et Francisco Garcia Valls puis le mathématicien Salvador Vilaseca et le journaliste José Llada commencent une tournée internationale de 3 mois. Ils visitent les pays importants pour le Cuba au niveau économique et politique. Ces pays sont : La Chine, l'Egypte, l'Algérie, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Bénin, la République du Congo et la Tanzanie, avec des étapes en Irlande, Paris et Prague. 

  A Pyongyang, Che déclare que la Corée du Nord est un "modèle dont le Cuba devrait s'inspirer". A Alger, le 24 février, il fait son dernier discours sur le devant de la scène internationale où il déclare : " Il n'y a pas de frontières dans cette lutte à mort. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ce qui se passe dans n'importe quelle partie du monde. La victoire de n'importe quel pays contre l'impérialisme est notre victoire, tout comme la défaite de quelques pays que ce soit est notre défaite".

  En revenant de cette tournée internationale le Che semble avoir pris sa décision. En effet, il veut en finir avec le confort ingrat du travail de ministre pour retrouver la volupté rude du combat de guérillero en prise directe avec l'ennemi. Ce ne sera pas l'Amérique latine -il ne l'oublie certes pas-, mais bien le Congo-Léopoldville,où "le néo-colonialisme a montré ses griffes", comme il l'a dénoncé à Alger, dans son discours. Dans une interview à l'hebdomadaire marocain Libération (17-23 Mars 1965) il est plus explicite: "La victoire au Congo montrera aux Africains que la libération nationale ouvre la voie au socialisme ; une défaite ouvrira la voie au néo-colonialisme. [...] Tel est l'enjeu" 


 "Ceci est l'histoire d'un échec"


 

(Che Guevara dans une forêt à Congo en train de donner des instructions au congolais)

 C'est avec cette phrase que Che Guevara commence son Journal du Congo sur sa tentative de soutien à la guerre révolutionnaire de Kabila, père du Congo. 

 Le Congo est une ancienne colonie belge, limitrophe de la Tanzanie et séparé par le lac Tanganyika. C'est un pays démesuré, peuplé de 250 ethnies, vingt fois plus grand que Cuba, auquel les colonialistes tiennent beaucoup parce qu'il est riche en cuivre, en cobalt et surtout en or, en diamant, et radium.

  Le 30 Juin 1960, le "Congo-Léo" a obtenu son indépendance, et un grand patriote, Patrice Lumumba, a été élu chef du gouvernement. A la cérémonie de proclamation de l'indépendance, devant le roi des Belges, il a rappelé avec courage que c'est par la lutte que cette nouvelle liberté a été conquise, "une lutte de larmes, de feu et de sang [...] pour mettre fin à l'humiliant esclavage". Mais Lumumba n'a pas eu le temps de gouverner. Exécuter en janvier 1961 par son ennemi Tshombé, on peut dire que l'opération cubaine est planifiée pour aider le mouvement marxiste Simba pro-Lumumba au Cango-Kinshasa (actuelle République démocratique du Congo). Che Guevara, son second Victor Dreke et 12 Cubains arrivent à Bakara-Fizi au Congo le 24 avril 1965. L'arrivée et l'identité du Che est tenue secrète, même pour les membres de la guérilla congolaise.

  Le but du Che est d'exporter la révolution cubaine en formant les combattants Simba à l'idéologie communiste et aux stratégies du combat de guérilla. Mais l'incompétence, l'intransigeance, le manque de culture, les rivalités internes des rebelles congolais sont cités dans son Journal du Congo comme les raisons principales de l'échec de la révolte. Au lieu de s'assurer le soutien des populations locales, les combattants congolais pillent parfois des villages et tuent des civils. Le commandement unique n'existe pas et les chefs locaux rivalisent entre eux pour obtenir argent et matériel qu'ils emploient pour leur profit personnel. Certains responsables de la guérilla sont même assassinés par des rivaux. Enfin, les troupes inexpérimentées croient plus en la sorcellerie qu'à l'instruction militaire des Cubains, ce qui entraînera défaite sur défaite.

  "Nous sommes là pour y rester au moins cinq ans" a t-il annoncé à ses hommes. Las, son aventure congolaise ne dépassera pas sept mois. Il l'écrira, après avoir quitté Congo "L'histoire d'un échec". "Échec militaire parce que échec culturel", c'est-à-dire antinomie entre deux visions du monde deux types de rationalité étrangers l'un à l'autre. A un moment, le Che estime devoir rester seul pour combattre jusqu'au bout comme exemple pour la révolution. Il en est dissuadé par ses compagnons. Comme le dit Fidel Castro "Nous sommes allés au Congo pour les cubaniser, hélas c'est eux qui nous ont congolisé". 


 (Che Guevara au Congo avec un congolais et un enfant)

 

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